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L’aventure de Valentin le caneton
Valentin le caneton avait peur de l’eau.
C’était comme ça, il n’y pouvait rien. Depuis sa naissance l’eau le terrifiait, alors que ses frères et sœurs, à peine sortis de la coquille, s’étaient précipités dans la mare pour jouer. Lui restait collé aux plumes de sa mère, regardant l’eau avec horreur. Sa maman avait bien essayé de le convaincre, lui expliquant que ses plumes étaient étanches, que de toutes façons elle était là, à côté de lui, rien n’y faisait.
Et c’était la même chose avec la pluie ! Elle avait préféré le laisser tranquille, se disant que ça irait mieux quand il serait plus grand. Elle lui avait trouvé un petit imperméable bleu, qui avait appartenu à une poupée, pas neuf mais en très bon état, qu’il enfilait les jours de pluie.
Grâce à cela, il pouvait au moins sortir prendre l’air quand il faisait mauvais temps, plutôt que de rester toute la journée
enfermé dans le poulailler, à jouer avec les poussins. Les mères poules étaient très gentilles, et le laissait s’amuser avec leur progéniture, mais ce grand dadais de coq se moquait de lui dès
qu’il le pouvait, et bientôt il serait trop grand pour rester là.
Il avait plu toute la journée sans arrêt. Ses frères et sœurs avaient barboté la matinée entière dans la mare, et lui, une fois de plus, s’était contenté de les regarder, avec son petit imper
bien fermé sous le bec. Il les enviait ! Pouvoir nager ainsi par tous les temps !
Maintenant, après le déjeuner, tout le monde faisait la sieste, sauf lui qui restait à regarder la pluie tomber. Il était bien au
chaud dans le foin du poulailler, à côté de sa maman, et aurait dû se sentir heureux, mais il n’arrivait pas à dormir, et se demandait ce qui allait se passer quand il serait plus grand. Il en
était à ce point de pensées moroses, quand il entendit un petit bruit. Presque rien, une sorte de cri minuscule. Il tendit l’oreille, rien. Il avait dû entendre le craquement du bois de la
charpente. Il ferma les yeux pour essayer de dormir un peu, pour les rouvrir aussitôt. Pas de doute, quelqu’un appelait au secours.
Il se leva, avec précaution pour ne réveiller personne, prit son imperméable, et sortit en le mettant. Arrivé dehors, il chercha du regard, sans rien voir, et sans rien entendre non plus. Il
restait sans savoir quoi faire, quand il vit un petit mouvement là-bas, au milieu de la mare. Il trottina jusqu’au bord et comprit ce qui se passait. Une coccinelle était tombée à l’eau et se
noyait. La pauvre avait ses ailes toute trempées, et ne pouvait plus s’envoler. Elle s’agitait encore un peu mais n’allait pas tarder à couler !
Sans réfléchir, Valentin ôta son imper et se jeta à l’eau, commençant à nager énergiquement vers la coccinelle. Celle-ci le vit, et avec l’énergie du désespoir se maintint à la surface jusqu’à ce qu’il soit près d’elle, puis se cramponna à ses plumes, pendant qu’il revenait au bord. Elle ne pesait presque rien, et Valentin n’eut pas de mal à la ramener sur la terre ferme.
Plusieurs minutes se passèrent avant que l’un des deux puisse parler. Finalement la coccinelle, d’un ton tremblant dit :
- Sans toi je me serais noyée. Je te dois la vie et je ne te remercierais jamais assez.
Valentin n’arrivait pas à croire ce qui venait d’arriver, et restait sans voix. Il finit par articuler :
- Ne me remercie pas, tu en aurais fait autant !
Elle vit l’imper par terre :
- C’est à toi ?
- Oui, mon imperméable.
- Un imperméable ? Mais les canards ont les plumes étanches, tu n’es pas comme les autres ?
- Si, répondit Valentin avec un sourire,
- Je suis comme tous les canards !
Un rayon de soleil avait percé les nuages, il ne pleuvait plus, et la coccinelle avait séché ses ailes.
- Il faut que je rentre chez moi, dit-elle,
- Mais je reviens te voir demain, d’accord ?
- D’accord, fais bien attention à la mare !
Valentin agita une aile pour lui dire au revoir, puis resté seul, regarda l’eau qui brillait sous le soleil revenu.
Il avait bien envie d’aller nager
Merci Hauteclaire de vous être laissée inspirer et d'avoir mis des mots sur mon illustration
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